Entre réformes, tensions budgétaires et attractivité : FO tire la sonnette d’alarme
Le CSA ministériel des 18 et 19 mars 2026, présidé par la Secrétaire générale du ministère, a mis en lumière un paradoxe inquiétant : alors que les crises sanitaires, sociales et organisationnelles s’intensifient, les moyens humains et financiers du ministère continuent de diminuer.
Un budget 2026 déconnecté de la réalité du terrain :
Les annonces budgétaires confirment une réduction de 60 ETP pour 2026, dont –50 sur le programme 206 dédié à la sécurité sanitaire.
FO dénonce une décision incompréhensible et dangereuse au regard des crises répétées : influenza aviaire, salmonellose, Dermatose Nodulaire Contagieuse, maladies émergentes, prédation…
- les agents sont déjà en surcharge permanente ;
- les équipes fonctionnent à flux tendu ;
- les recrutements sont en berne.
Dans ce contexte, affaiblir le 206 relève du non‑sens. FO rappelle que ce programme constitue le cœur régalien du ministère : protection de la population, de l’élevage, de la chaîne alimentaire. En réduisant ces moyens, l’administration prépare davantage de crises qu’elle n’en résout.
Le mécanisme des « 3 % préfets », appliqué cette année au 206, ajoute encore de l’opacité. Pour FO, les ETP « disparaissent » sans justification claire, privant les représentants des personnels de toute possibilité de suivi réel. Nous exigeons un bilan annuel chiffré, programme par programme, région par région.
Des opérateurs fragilisés : IFCE, ASP, FranceAgriMer :
FO a dénoncé la situation alarmante de plusieurs opérateurs : IFCE : encore –8 ETP après avoir perdu les deux tiers de ses effectifs. Comment assurer la surveillance sanitaire équine dans ces conditions ? ASP : –16 ETP alors que l’établissement gère les indemnisations de crise sanitaire. FranceAgriMer : –14 ETP, alors que ses missions ne cessent de croître. FO refuse une logique comptable qui dégrade les conditions de travail, fragilise des missions essentielles et accroît le risque de dysfonctionnements graves.
Plan handicap : des intentions positives, mais des lacunes majeures :
Le ministère a présenté les grandes lignes du futur plan handicap et inclusion. FO reconnaît l’effort engagé, mais rappelle que la réalité du terrain exige beaucoup plus :
- des formations indispensables restent en attente depuis trop longtemps ;
- des freins le traitement des dossiers ;
- le groupe de travail « santé des femmes » a de nouveau été reporté.
Pour FO, le handicap ne doit pas être un affichage mais une politique concrète, dotée de moyens, structurée et suivie.
Statut unifié des contractuels : un premier pas, mais des garanties indispensables :
FO a soutenu le décret visant à unifier le statut des contractuels en CDI de plusieurs établissements publics. Ce vote favorable ne vaut pas blanc‑seing : FO restera vigilante pour éviter une harmonisation « par le bas » et veillera à ce que les agents bénéficient réellement de droits renforcés, de carrières sécurisées et de pratiques RH homogènes.
Attractivité : de belles vidéos ne suffiront pas :
FO reconnaît la qualité du travail réalisé sur la « marque employeur ». Mais l’attractivité ne se résume pas à des vidéos, aussi réussies soient‑elles. Elle repose : sur des effectifs suffisants, des conditions de travail dignes, une politique indemnitaire cohérente, un management respectueux, et des perspectives professionnelles réelles. Tant que ces leviers ne seront pas actionnés, les difficultés de recrutement persisteront.
FO exige transparence, cohérence et respect des missions régaliennes :
Au fil des échanges, un fossé est apparu entre les analyses théoriques de l’administration et la réalité vécue par les agents. FO a refusé de laisser sans réponse les incohérences, les tensions de terrain et les risques opérationnels déjà visibles. Nous rappelons que les missions sanitaires, éducatives, forestières, économiques et d’appui aux agriculteurs ne peuvent être assurées correctement sans moyens pérennes. FO demande : un plan de renforcement des effectifs sur les missions prioritaires ; la transparence totale sur les mouvements d’ETP ; la protection des agents contre les attaques extérieures et l’épuisement professionnel ; une politique RH lisible et équitable pour les contractuels ; un pilotage renforcé du plan handicap ; une véritable stratégie d’attractivité basée sur la réalité des métiers.
FO Agriculture demeurera force de proposition, mais aussi de vigilance, pour que justice soit faite aux agents du ministère. FO Agriculture poursuivra le combat pour la défense des emplois, des missions et des agents.
