Rémunérations, effectifs, carrières : FO Agriculture interpelle le ministère
À l’occasion du comité social d’administration ministériel des 3 et 4 novembre 2026, FO Agriculture a présenté une déclaration liminaire volontairement courte, afin de privilégier les réponses de l’administration et les échanges sur les préoccupations des agents.
Dans un contexte social tendu, de nombreuses alertes et questions portées par les représentants du personnel dans les différentes instances restent en attente de réponses satisfaisantes. FO Agriculture rappelle ses revendications et demande au ministère de prendre ses responsabilités, tant au niveau ministériel qu’interministériel.
Rémunérations, carrières et mesures catégorielles
FO Agriculture demande au ministère de porter l’augmentation de la valeur du point d’indice, la revalorisation générale des carrières et l’augmentation des pensions, y compris complémentaires.
Alors que le PLF 2027 prévoit 166 millions d’euros de mesures catégorielles pour l’ensemble de l’État, aucune enveloppe n’est prévue pour les agents du ministère chargé de l’Agriculture. FO Agriculture demande donc la mise en place d’une enveloppe ministérielle pour 2027, couvrant les revalorisations indemnitaires, les ratios de promotion et les déroulements de carrière.
Les grilles de catégorie C et le début de certaines grilles de catégorie B restent à portée du SMIC. Les dernières revalorisations indiciaires ont accentué le tassement des rémunérations. Pour FO Agriculture, les primes ne peuvent pas se substituer à une revalorisation des grilles, puisqu’elles ne sont pas prises en compte dans le calcul de la pension. Des mesures immédiates de rattrapage sont nécessaires pour toutes les catégories.
FO Agriculture demande également un plan chiffré de résorption des inégalités entre les femmes et les hommes et veille à ce que les textes statutaires en préparation, notamment celui relatif aux techniciens stagiaires, ne durcissent pas les conditions de formation et de titularisation.
Promotion professionnelle et action sociale
Les premières informations sur les ratios promus/promouvables annoncés par le ministère ne laissent entrevoir aucune amélioration significative des perspectives de promotion. FO Agriculture déplore que les mesures annoncées n’aient pas répondu aux attentes des agents.
La revalorisation de l’action sociale ministérielle est également indispensable, qu’il s’agisse de la restauration, du logement ou des secours, y compris pour les retraités. FO Agriculture demande aussi un renforcement des moyens de l’ASMA, tant pour son offre que pour la participation financière accordée aux agents. À titre de comparaison, la subvention par agent à la RATP dépasse 1 000 euros, contre environ 100 euros tout compris pour l’ASMA.
Effectifs, moyens et conditions d’exercice des missions
Les efforts budgétaires annoncés pour 2027 font peser des risques sur les moyens consacrés aux contrôles, à la sécurité sanitaire, à la qualité de l’alimentation, à l’enseignement agricole et à l’instruction des aides.
Les réorganisations ne peuvent se poursuivre à effectifs constants alors que les missions augmentent. FO Agriculture demande l’arrêt des suppressions de postes et des moyens adaptés aux missions confiées aux agents.
Dans l’enseignement agricole, cela implique le maintien et le renforcement des postes d’enseignants, de vie scolaire, d’encadrement et de direction, ainsi que de bonnes conditions d’accueil des apprenants.
Pour les missions de contrôle sanitaire des aliments, de santé animale et de protection des végétaux, FO Agriculture demande des effectifs d’inspection à la hauteur des enjeux, des mesures d’attractivité pour les métiers concernés et de bonnes conditions de travail. Le ministère doit également présenter les mesures de protection prévues pour chacune de ces missions face au gel des crédits.
Les agents chargés du soutien à l’agriculture et de l’instruction des aides doivent, eux aussi, disposer de moyens suffisants pour exercer leurs missions dans de bonnes conditions. Le ministère doit par ailleurs rendre compte de l’évaluation des aides qu’il octroie.
Dialogue social : des réponses et des actes attendus
Le rapport social unique 2025 est révélateur : aucun accord n’a été conclu et signé au cours de l’année. Le projet d’accord de méthode sur la qualité de vie et les conditions de travail n’a pas abouti. Quant au CSA des services déconcentrés, il ne s’est pas réuni une seule fois.
Pour FO Agriculture, le dialogue social ne se mesure pas au nombre de réunions, mais aux suites données aux avis des représentants du personnel, aux moyens accordés aux instances et aux réponses concrètes de l’administration. FO Agriculture demande notamment la programmation et la tenue d’un CSA des services déconcentrés.
Des alertes toujours sans réponse satisfaisante
FO Agriculture renouvelle ses alertes sur la réduction des effectifs, la priorisation des missions et les risques psychosociaux. Elle demande également des réponses sur la CDIsation des contractuels des SIVEP arrivant au terme de six années de contrat, les conséquences du RESET BREXIT, la prise en compte de l’ancienneté des agents contractuels en cas de changement de catégorie hiérarchique et les règles de publication des postes au fil de l’eau.
Face aux signalements d’iniquités de traitement, FO Agriculture demande par ailleurs des travaux d’harmonisation de la gestion des agents entre le MAASA et ses opérateurs.
Élections professionnelles : garantir le droit de vote de chaque agent
FO Agriculture exprime enfin sa vive inquiétude sur l’organisation des élections professionnelles de décembre 2026. La saisie des listes de candidatures a été particulièrement chaotique, de nombreux agents n’étant pas répertoriés dans la base. Des collègues n’ont pas reçu le message leur permettant d’ouvrir leur espace de vote et les effectifs d’électeurs enregistrés présentent de nombreuses incohérences.
La démocratie sociale suppose que chaque agent puisse effectivement voter. FO Agriculture déplore le transfert de charge vers les organisations syndicales, contraintes de saisir les candidatures et d’identifier les erreurs, au détriment de leur travail d’élus.
FO Agriculture demande à l’administration de préciser comment elle entend actualiser les listes électorales et assurer la communication auprès des collègues concernés avant le scrutin.
Pour FO Agriculture, les agents ne peuvent plus être la variable d’ajustement des choix budgétaires. Rémunérations, carrières, effectifs et conditions de travail : les attentes sont connues, les alertes sont nombreuses. Le ministère doit maintenant prendre ses responsabilités et apporter des réponses concrètes, chiffrées et financées.
FO Agriculture continuera de porter ces revendications et d’exiger des avancées réelles pour les agents.
