Santé des femmes au travail : des constats alarmants, l’urgence d’agir
À l’occasion du groupe de travail ministériel du 24 juin 2026 consacré à la santé des femmes au travail, FO Agriculture a rappelé que les inégalités de santé entre les femmes et les hommes restent une réalité trop souvent ignorée dans le monde professionnel. Si les constats sont désormais largement établis, ils doivent désormais déboucher sur des mesures concrètes.
Des inégalités de santé encore trop peu prises en compte
Les échanges ont mis en évidence une vulnérabilité accrue des femmes face aux risques professionnels : troubles musculo-squelettiques, souffrance psychique, maladies chroniques, violences au travail ou encore conséquences du travail de nuit. Certaines pathologies spécifiques, comme l’endométriose ou la ménopause, demeurent insuffisamment reconnues alors qu’elles ont un impact réel sur la vie professionnelle. Au MAASA, les femmes représentent 61 % des effectifs mais aussi 63 % des jours d’absence et 66 % des accidents du travail.
Une prévention à construire sur des données fiables
Pour FO Agriculture, il est impossible de bâtir une politique de prévention efficace sans disposer de données statistiques sexuées suffisamment précises. L’organisation demande un suivi plus fin des indicateurs de santé au travail, notamment dans les DDI, ainsi que l’intégration d’une approche genrée dans les documents uniques d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Elle invite également le ministère à s’inspirer des dispositifs déjà mis en œuvre dans d’autres pays.
Adapter le travail aux réalités des agentes
FO Agriculture défend une approche centrée sur l’organisation du travail plutôt que sur la seule adaptation des personnes. Cela passe par un meilleur accompagnement des retours après maladie, une formation des encadrants, des aménagements de postes adaptés et une ergonomie prenant réellement en compte la morphologie des femmes, notamment dans les secteurs les plus exposés comme les abattoirs.
Des conséquences sociales et économiques à ne plus ignorer
Les femmes subissent davantage les conséquences financières des arrêts maladie, notamment en raison de la perte de rémunération et de situations de précarité plus fréquentes. FO Agriculture demande que cette question soit portée au niveau interministériel et rappelle également que la reconstruction d’une véritable médecine de prévention constitue un préalable indispensable à toute politique ambitieuse de santé au travail.
FO Agriculture demande désormais des actes
Pour FO Agriculture, le temps des constats est terminé.
FO Agriculture appelle le ministère à mettre en place une gouvernance clairement identifiée sur la santé des femmes au travail, assortie d’un calendrier, de moyens dédiés et d’objectifs mesurables. L’enjeu dépasse la seule égalité professionnelle : il concerne la santé publique, la qualité de vie au travail et l’efficacité du service public.
FO Agriculture restera pleinement mobilisée pour que ce groupe de travail débouche sur des avancées concrètes et durables.
